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« Un stop brûlé, quatre points envolés… mais permis en poche ! »

Réforme des erreurs éliminatoires au permis de conduire : un tournant en 2026 ?


« J’étais à contresens… mais j’ai eu mon permis ! »

« Un stop brûlé, quatre points envolés… mais permis en poche ! »

« Sens interdit ? Pas éliminatoire… apparemment. »


Depuis plusieurs jours, un débat sensible vient d'apparaitre : : la possible évolution des erreurs éliminatoires à l’examen du permis de conduire.

Selon les chiffres avancés, 93 % des échecs seraient liés à une erreur éliminatoire et, depuis dix ans, le taux de réussite resterait sous les 60 %. Face à ce constat, un groupe de travail piloté par la Sécurité routière envisagerait plusieurs pistes :

  • réduire le nombre d’erreurs éliminatoires,
  • ne les qualifier ainsi qu’en cas de danger immédiat avéré,
  • ou valider l’examen malgré une faute grave isolée, sous condition de compétence suffisante et d’une formation complémentaire de cinq heures.

Aucune décision n’est prise à ce stade, mais une mise en œuvre pourrait intervenir d’ici fin 2026.


35 ans de terrain… et une inquiétude grandissante

Après plus de 35 ans dans la filière, dont 20 ans comme inspecteur du permis de conduire, j’ai vu évoluer ou plutôt glisser le niveau d’exigence de l’examen.

Chaque réforme avait un objectif affiché : augmenter le taux de réussite.

Mais le constat est implacable : nous stagnons.

Et aujourd’hui, on envisagerait de toucher à la notion même d’erreur éliminatoire.


Comment expliquer l’inexplicable ?

Imaginons la scène.

Un jeune conducteur reçoit son permis alors qu’il n’a pas marqué l’arrêt au stop.

Quelques semaines plus tard, on lui explique :

« Alors oui, au permis, ça passait… mais maintenant, c’est 4 points en moins. »

Comment lui faire comprendre la cohérence du système ?


Même situation pour celui qui a circulé à contresens :


« À l’examen, ce n’était pas rédhibitoire.

En circulation réelle, c’est dangereux… et sanctionné. »


Quel message envoyons-nous ?

Que la règle est importante… sauf le jour de l’examen ?

Que le stop est pédagogique mais pas fondamental ?

On ne peut pas demander à un conducteur débutant de respecter une règle que l’institution elle-même relativise au moment fondateur de son apprentissage.

Avec un peu d’humour (jaune), devrons-nous bientôt entendre :

« J’ai appris que le stop était facultatif… le jour de mon examen. »


Le vrai sujet n’est peut-être pas l’examen

Plutôt que d’abaisser l’exigence, ne faudrait-il pas renforcer la formation ?

La base des 20 heures obligatoires est aujourd’hui totalement dépassée.

Tous les professionnels sérieux le savent.

Pourquoi ne pas :

  • encourager réellement l’apprentissage anticipé de la conduite ?
  • impliquer les compagnies d’assurance dans un soutien financier aux parcours de formation renforcés ?
  • valoriser concrètement les écoles de conduite qui travaillent en profondeur la compétence et l’autonomie — et pas seulement via un label administratif ?

Les inspecteurs, au contact quotidien des établissements, savent parfaitement quelles auto-écoles forment avec exigence et lesquelles se contentent du minimum.


La responsabilité du candidat : le grand angle mort

Il y a un point que l’on évoque rarement, peut-être parce qu’il est délicat à formuler :

Une formation réussie suppose de la motivation, de l’implication, de la disponibilité et de l’écoute.

Un élève n’est pas un client passif.

Il est acteur ou il devrait l’être.

Le prix du permis est souvent présenté comme le facteur central.

Sur le terrain, nous savons que ce n’est pas le premier déterminant de la réussite durable.

Ce qui fait la différence, c’est l’engagement.


Le permis : un diplôme de sécurité, pas un quota statistique

Le permis de conduire n’est pas un simple examen administratif.

C’est une validation de compétence qui engage la vie des autres.

À force de vouloir améliorer les chiffres, ne risquons-nous pas de dévaluer le symbole ?

Si l’on supprime progressivement ce qui était considéré comme dangereux hier, que restera-t-il demain comme repère clair pour un jeune conducteur ?


Le permis ne doit pas devenir un diplôme de complaisance.

Il doit rester un acte fort, exigeant, structurant.

Parce qu’un stop n’est pas une formalité.

Parce qu’un sens interdit n’est pas une approximation.

Parce que la route n’est pas un terrain d’essai.


Et surtout parce que la crédibilité du permis repose sur la cohérence entre ce que l’on enseigne, ce que l’on évalue… et ce que l’on sanctionne














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