TROTTINETTE ÉLECTRIQUE : TOUS DANS LE MUR ?
Il prend sa trottinette pour rejoindre le village voisin. La route est calme, sèche, presque vide. Quelques kilomètres plus loin, une plaque d’égout, un freinage trop brusque : il chute. Rien de dramatique, heureusement. Mais au moment de faire jouer son assurance, mauvaise surprise : cette route n’était pas autorisée aux trottinettes électriques. Et il découvre qu’il n’avait, légalement, rien à y faire.
Car contrairement à une idée très répandue, une trottinette électrique ne peut pas circuler partout où un vélo peut passer.
EN VILLE, OUI… MAIS PAS N’IMPORTE OÙ
En agglomération, la règle est claire : la trottinette doit emprunter les bandes ou pistes cyclables lorsqu’elles existent. À défaut, elle peut circuler sur une route limitée à 50 km/h maximum, sur certaines aires piétonnes ou sur un accotement revêtu.
Le trottoir ? En principe, c’est interdit. Il ne peut être autorisé par l’autorité de police qu’à l’allure du pas et sans gêner les piétons.
HORS AGGLOMÉRATION : INTERDIT, SAUF…
C’est ici que le "piège" se referme.
Le Code de la route indique que, hors agglomération, les EDPM dont les trottinettes électriques sont interdits sur les routes, sauf sur les voies vertes et les pistes cyclables.
Une route départementale classique, même parfaitement dégagée et même limitée à 80 km/h, n’est donc pas automatiquement autorisée.
ET POUR ROULER SUR UNE ROUTE À 80 KM/H ?
Il faut une décision motivée de l’autorité compétente autorisant expressément la circulation des EDPM sur la route concernée. Selon le statut de la voie, cette autorisation relève de l’autorité qui détient le pouvoir de police de la circulation : elle peut notamment prendre la forme d’un arrêté préfectoral, lorsque le préfet est compétent.
Autrement dit : sans arrêté ou décision autorisant cette circulation, la présence d’une trottinette sur cette route reste interdite.
Et lorsque cette autorisation existe, les contraintes sont renforcées : casque attaché, gilet haute visibilité ou équipement rétro-réfléchissant, éclairage complémentaire et feux de position allumés de jour comme de nuit.
AVANT DE PRENDRE LA ROUTE, RENSEIGNEZ-VOUS !
Pour éviter de vous retrouver dans une situation dramatique face à votre assurance en cas d'accident, prenez le réflexe de vérifier si le trajet envisagé est autorisé. Si aucune piste cyclable ou voie verte n'existe, contactez la mairie (pour les voies communales) ou consultez le site de la préfecture (pour les routes départementales). Vous pourrez y vérifier l'existence d'un arrêté municipal ou préfectoral autorisant expressément la circulation des trottinettes. En l'absence d'un tel arrêté, la route vous est strictement interdite